logo CGT   Massacre industriel chez HP : 14500 salariés sacrifiés


La Direction d’HP ne tire aucune conclusion de l’échec du précédent plan social. La trésorerie accumulée grâce au travail  des salariés HP aurait pu permettre de les récompenser ou d’investir dans des projets d’avenir. Faute d’imagination, cet argent  risque de contribuer à les pousser vers la sortie. La CGT appelle les salariés HP à réagir.  

 

La santé économique d’HP est exceptionnelle, elle démontre l’excellence du travail des salariés, partout dans le monde : les résultats augmentent de 30% par an, ils permettent de dégager plus d’1 milliard $ de bénéfices chaque trimestre, la trésorerie est colossale : 14 milliards $, sans compter les 4.3 milliards de nos propres actions qu’HP a rachetées sur les quatre derniers trimestres. Le cours de l’action a augmenté de 50% durant les 12 derniers mois passant de ~17 $ en août 2004 à ~26 $ aujourd’hui.

 

HP aurait la capacité de financer d’extraordinaires projets de développement industriel, à titre de comparaison avec d’autres secteurs d’activité, 12 milliards $ c’est par exemple :

-          le coût du projet de réacteur de recherche nucléaire ITER à Cadarache

-          celui de la recherche et du développement pour l’Airbus A380

-          c’est aussi 2 fois le coût des Jeux Olympiques s’ils avaient eu lieu à Paris en 2012.

 

Au bout de 6 mois et après avoir déjà encaissé 6 millions $, Mark Hurd se devait de faire quelques annonces spectaculaires. Mais visiblement l’imagination lui a manqué : Mark Hurd ne fait qu’annuler les dernières décisions de Carly Fiorina, avec des justifications (coût, « focus »…) curieusement similaires celles qu’on nous avait servies pour faire exactement le contraire ! Personne n’étant dupe du caractère artificiel de ces « changements », dont le seul intérêt semble être de faciliter la partition d’HP en plusieurs ensembles plus faciles à revendre, Mark Hurd se retrouve dans l’obligation de satisfaire les exigences des analystes financiers, et donc, de réduire les coûts.

shadock1 « Pour qu'il y ait le moins de mécontents possibles il faut toujours taper sur les mêmes » (principe Shadok). C’est donc encore et toujours les salariés d’HP  qui fourniront le plus grand effort, non seulement en perdant leur emploi ou leurs avantages sociaux (comme nos collègues américains), mais aussi, pour ceux qui auront la « chance » de rester, en gérant les conséquences des réductions d’effectifs.

Et pourtant, le plan social de 2003 n’a pas permis d’améliorer les résultats de la compagnie. Qui s’en étonnerait ? Chacun en France peut constater autour de soi les dégâts provoqués par le départ des 1400 salariés. Partout dans le monde, la même expérience : après plusieurs mois d’inquiétude sur leur devenir, les salariés restés à HP ont dû s’adapter à une nouvelle organisation et de nouveaux procédés, former un collègue déjà débordé à reprendre leur poste, occuper de nouvelles fonctions du jour au lendemain et sans avoir croisé leur prédécesseur parti depuis longtemps...

shadock2 Pour continuer d’assumer la charge de travail, les directeurs ont dû sous-traiter à la hâte des pans entiers d’activité,  et recourir à l’usage massif de personnel précaire sur des  postes permanents (intérimaires, « stagiaires »). Que penser quand un salarié nous explique qu’il forme pour la 3ème fois un intérimaire sur un poste permanent ? Et quand il se demande comment il va assumer le remplacement  de cet intérimaire en plus de sa charge habituelle ? (Le dernier en date vient de trouver un « CDI!).

Désorganisée, la société n’atteint plus ses objectifs. On tourne en rond. Mais, selon un autre principe Shadok, En essayant continuellement, on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus l’entreprise fait de plans sociaux !

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A la bourse, les analystes financiers spéculent sur l’illusion que les travailleurs ne créeraient pas de la richesse en travaillant. Pourtant, chacun des 151000 salariés HP dans le monde permet à la compagnie de générer plus d’un demi million de dollars de vente par an !

Les sacrifices ne sont cependant pas les mêmes pour tout le monde :

- Carly Fiorina a touché un « golden parachute » de 21 millions $

- Robert Wayman a touché 3 millions $ pour ses 57 jours en tant que CEO intérimaire

- en moins de 6 mois Mark Hurd a déjà encaissé plus de 6 millions $

- l’embauche de Randall Mott – précédée par celle de Todd Bradley, a coûté plus de 15 millions $

Comment peuvent-ils nous demander de faire des efforts qu’ils ne font pas eux-mêmes ?

 

Contrairement aux idées reçues, la France est au 2ème rang mondial derrière la Chine pour les investissements directs étrangers.  Les entreprises étrangères mettent en avant la productivité horaire du travail de cette main d’œuvre par ailleurs bien formée et en bonne santé. Notre créativité (la France est au 4ème rang mondial en nombre de brevets déposés) et des infrastructures de qualité font le reste.

 

La pérennité de Hewlett-Packard, en leader mondial des technologies de l’information, ne peut passer que par l’innovation, la formation et la reconnaissance des qualifications des salariés.

 

Il est urgent que les salariés du groupe HP France se mobilisent pour se réapproprier leur entreprise et engagent la lutte avec le syndicat CGT afin d’exiger :

-          l’arrêt du massacre industriel ;

-          l’amélioration des conditions de travail,

-          l’augmentation générale des salaires

-          et les investissements industriels nécessaires au développement d’HP en France.

 

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