Communiqué PresseEmploi :
Il est temps de stopper l’hémorragie.
La course sans fin, qui
s’est engagée entre les multinationales, continue de faire de considérables
dégâts sociaux. Après IBM, qui annonçait récemment la suppression de milliers
de postes en France, ainsi que ST microélectronics, Alcan et tant d’autres, HP annonce 1240 suppressions de
postes en France, parmi environ 6000 prévus en Europe.
Cette annonce fait suite à
un précédent plan de suppression d’emploi qui a vu un millier de salariés
quitter l’entreprise et à la fermeture de SCI Sanmina
(l’Isle d’abeau 38) condamnant 600 travailleurs que
le groupe HP avait externalisé quelques mois
auparavant au chômage. Ces 1240 nouvelles suppressions d’emplois menacent
directement 5000 emplois induits sur la région.
Une fois de plus rien ne
justifie ces restructurations. Les charges de travail sont conséquentes et les
horaires légaux rarement respectés, ce qui montre le besoin d’embauches pour
que chacun puisse accomplir son travail efficacement. Faut-il rappeler que HP a
réalisé 3,5 milliards de dollars de bénéfices en 2004 pour un chiffre
d’affaires de 79,9 milliards, en hausse de 9,4% et a dépensé 4,3 milliards de
dollars pour racheter ses propres actions afin d’en faire monter le cours.
Cette dernière somme
aurait été plus utile dans des investissements développant la R & D pour
recentrer le groupe sur son image d’innovateur technologique qui a fait sa
réputation mondiale et prouve le savoir-faire et les compétences des salariés
du groupe.
Le groupe est en
excellente santé financière et de ce fait les salariés ont raison de dénoncer
ce scandale.
Le cas HP est
emblématique. Il montre l’écart qu’il y a à combler entre les capacités de
nuisance des multinationales et les moyens dont disposent les salariés pour
anticiper, se défendre et être entendus sur les alternatives qu’ils proposent.
La CGT mettra toutes ses
forces pour faire prévaloir d’autres solutions. Le marché de l’informatique est
loin d’être saturé en France et en Europe. L’équipement des ménages, si le
pouvoir d’achat le permettait, assurerait des débouchés nouveaux. On mesure
bien combien la hausse des salaires, que les organisations syndicales ensemble
revendiquent, est une clef pour le développement industriel et l’emploi.
Concevoir et produire en France et en Europe des équipements pour les
professionnels et les ménages sont deux activités indissociables, surtout dans
les domaines de hautes intensités technologiques.
Pour ce faire, il faut
changer de logique. La course à la «compétitivité», c’est à dire à maximiser
les profits a les mêmes effets que la saignée des
soi-disant médecins de 16ème siècle.
Cette course est
destructrice des entreprises c’est-à-dire des hommes et des territoires. Une
saignée, même «légère», d’emplois aussi qualifiés stérilise l’avenir et mettra
rapidement en danger d’autres emplois.
Soigner le travail
nécessite des droits nouveaux pour que les salariés interviennent dans les
orientations stratégiques des entreprises. Cela passe également par une autre
qualité d’intervention syndicale en Europe et dans le monde pour faire face à
la puissance des multinationales.
Nous militons pour un
syndicalisme plus offensif en Europe sur la question de l’emploi par la remise
en question de l’agenda de Lisbonne, de l’agenda social 2005/2010 de la
commission européenne. L’heure est à la coordination d’actions dans tous les
pays d’Europe sur la question des salaires et de l’emploi industriel.
A l’heure actuelle la
FTM-CGT demande à la puissance publique d’empêcher le massacre annoncé. Elle
propose au débat son projet de conventions collectives nationales, répondant,
selon elle, aux attentes de sécurité sociale professionnelle exprimées par les
salariés.
Elle appelle tous les
salariés à agir le 4 octobre pour une revalorisation des salaires qui
conditionne le développement de l’emploi.
Montreuil
le 14/09/2005