Lettre
d'information de la CGT HP
20 septembre 2005
Dernière
minute:
Patrick
Starck vient de reporter la réunion portant sur un accord de
méthode au 23 septembre et de
repousser le
comité de groupe à une date
ultérieure.
Est-il
si pressé que ça de
rencontrer les partenaires sociaux ? L'opacité se
prolonge...
Retour
sur les derniers
événements:
Après une folle semaine dont le point d'orgue a été la journée de grève de vendredi dernier, il est temps de prendre un peu de temps pour analyser ce qui se passe et réfléchir collectivement à nos objectifs et à la façon de les atteindre.
Pour le moment les salariés d'HP unis derrière
leurs
syndicats ont commis un parcours sans faute:
Pour ne pas alourdir les réseaux nous vous indiquons les liens où vous trouverez le compte rendu en image de cette journée, qui a été à la hauteur de nos espérances les plus folles quand nous avons décidé mardi dernier de lancer cette initiative en intersyndicale.
Rendez
vous compte, plus de la moitié des
salariés d'HP
dans la rue (malgré
des conditions météo épouvantables en
région parisienne), du jamais vu chez HP ni COMPAQ ou
Digital !
De
dépêche de presse en journaux parlés ou
télévisés, HP est devenue
le symbole de l'entreprise
prédatrice qui n'hésite pas à se
défaire de
ses salariés pour courir après toujours plus de
profits.
En peu de temps notre direction a réussi le tour de force de
ruiner l'image d'HP entreprise sociale où il fait bon
travailler. Pour la campagne d'image de la
société la
plus admirée c'est raté. On pourrait en sourire
si ce
n'était nos emplois qui en feront les frais. HP est devenu
le
Michelin de l'année 2005 ! A quand l' "amendement
HP"
déposé
à l'assemblée nationale ?
Maintenant,
quid de l'avenir ?
Quand on lit vos réactions sur
les
divers forums syndicaux, nous constatons qu'il y a toujours
une
forte attente d'unité d'action des syndicats.
On remarque également que vous êtes
préoccupés avant tout par les suppressions
d'emplois
et l'avenir industriel de
notre société.
Les
jours qui viennent vont être décisifs pour notre
combat,
plusieurs écueils doivent être éviter:
- D'abord l'essoufflement,
la pression médiatique va certainement baisser ces prochains
jours et il faudra tenir bon sur nos objectifs de défense de
l'emploi.
- Il faudra éviter
également la résignation, du style tout est
décidé aux US, les filiale
françaises
n'ont aucune latitude etc…
- la désunion
syndicale va être recherchée par la Direction afin
d'affaiblir la contestation, il faudra résister à
toutes
les manœuvres de division…..
A
la CGT nous pensons que ce sont les salariés qui peuvent
être les meilleurs garants d'un combat sans concessions et
dans
l'unité. C'est pour cette raison que nous tenons tout
particulièrement à l'organisation
d'Assemblées Générales sur
tous les sites au
plus vite (normalement
dès la semaine prochaine, à suivre pour les
détails pratiques).
"Avec vous, pas sans vous " disait un
slogan de l'intersyndicale, nous le faisons nôtre.
Ces Assemblées
Générales
ne
doivent pas être seulement informatives, vous avez
la
parole, à vous de la prendre et d'indiquer la
direction que
vous souhaitez que l'on emprunte.
Elles peuvent être le lieu où l'on discute des
alternatives aux délocalisations ou aux externalisations,
chacun
d'entre vous a une ou plusieurs idées sur de nouvelles
activités que HP pourrait faire en France. Elles pourraient
être étudiées avec l'aide des experts
des Comités
d' Entreprise
et faire l'objet de
contre propositions.
Un
autre enjeu se présente à l'horizon, la
négociation d'un accord de méthode, si
chère
à notre direction. Tellement chère qu'elle vient
de se
fendre d'un communiqué à la presse pour signaler
qu'elle
veut négocier: "La direction de Hewlett-Packard
France a
réaffirmé lundi dans un communiqué sa
volonté d'ouvrir, sans délai, et dans le cadre
d'un accord
de méthode,
une négociation sur l'ensemble des composantes de son plan
de
restructuration en France, et des mesures d'accompagnement
nécessaires" (dépêche
AFP, Lundi 19 septembre) .
Nous
réaffirmons que dans la situation où nous sommes,
la
signature d'un accord de méthode offre beaucoup plus
d'avantages
à la Direction que l'inverse. Elle va notamment lui
permettre de
communiquer dessus et d'endormir le monde politique avec des promesses
qui
n'engageront que ceux à qui
elles sont faites (nous les salariés!) .
Cela va
surtout lui permettre de ne plus aborder la question de la
justification de ces licenciements, qui reste le point central de
contestation de ce plan.
En
conclusion, la
période qui arrive va être
déterminante. Oui, nous pouvons gagner:
Que pouvez vous
faire ?
Un
éclairage complémentaire
sur la situation d'HP:
Vous
lirez avec intérêt les rebondissements du plan
social
d’IBM, qui nous devance de 6 mois, avec une logique
étrangement similaire.
http://cgt.lge.free.fr/index2.htm
A
se demander si le même cabinet de conseil en
stratégie
n’a pas vendu le même « kit de
réflexion » (ou d’absence de
réflexion)
aux dirigeants des 2 sociétés.
Pour preuve, après l’annonce du plan mondial par
HP, IBM a
tenu à placer son objectif de suppressions
d’emplois
à la hauteur de celui de HP, rehaussant de 1500 son objectif
initial. Autres similitudes : suppression d’un
échelon hiérarchique, délocalisation
des fonctions
globales à l’est, et même un peu plus
à
l’est : voilà que la Hongrie passe de
mode, et
qu’IBM supprime déjà des postes de ce
pays, pour
les transférer vers la Roumanie.
Il faut dire que la Roumanie, épinglée par la
Commission
européenne au sujet « de la corruption
généralisée, du sort fait à
la
liberté d'expression et à
l'indépendance de la
justice », a tout du nouveau paradis capitaliste. En
conséquence de quoi, la Commission Européenne
menace de
retarder l’adhésion de la Roumanie à
l’union
européenne … d’un an : point
trop n’en
faut, l’économie de marché ne saurait
attendre plus
longtemps.
Aujourd’hui,
même les emplois à forte valeur ajoutée
sont
menacés par les pays à faible coût de
main
d’œuvre, comme le montre l’ouverture
d’un
centre de recherches Alcatel en Inde. Cela signifie que nous devons tous nous
sentir
concernés par le plan de réduction d'effectifs en
cours,
même les cadres.