Lettre
d'information de la CGT HP
29
septembre 2005
Des
AG et après ? Le point fort de cette semaine est
incontestablement la tenue des Assemblées
Générales des salariés sur chaque site. A ce jour, c’est
plus de 1400 salariés qui ont participé
à ces
réunions et qui ont validé la
stratégie de
l’intersyndicale. Par
exemple, aux Ulis les salariés par leur vote à
main
levée, ont approuvé à 99% cette
stratégie
de défense de l’emploi. Le communiqué du
ministère
du travail nous conforte dans cette approche, F SERAFINI a
indiqué que le chiffre pouvait être revue
à la
baisse. C’est bien un signal positif, maintenant il reste
à préciser de combien.
> Lire
le communiqué A Grenoble et à Paris nous
serons
en tête de manifestation et nous montrerons ainsi
à la
direction que nous sommes toujours mobilisés pour
défendre nos emplois. Pour
nous, employés d'HP, participer à cette
manifestation, c'est : Vous trouverez à la
fin de
cette lettre les informations
pratiques sur ces
manifestations
qui seront le point fort de la semaine prochaine. Nous vous
informerons sur cette
journée dans les prochains jours. Avant
cela, revenons sur la semaine passée qui a
été
riche en évènements qui
méritent que l'on s'y attarde. Analyse
des derniers événements
Les salariés en AG aux Ulis
ont également
manifesté leur volonté de participer massivement
à
la manifestation nationale du 4
octobre. Cette
détermination est exemplaire.
Nous nous sommes légèrement trompés quand, en début de semaine dernière, nous prédisions un essoufflement de la pression médiatique et politique.
Comment aurions nous pu prévoir que le soutien viendrait du plus haut sommet de l’Etat ? Que nous rencontrerions un ministre du travail complètement en ligne avec nos revendications et qui souhaite avant toute chose discuter du périmètre du plan (nombre de licenciements ) avec F Serafini.
Par
contre, il y en a un qui n’est pas
du tout en ligne c’est José Manuel Barroso.
Non seulement il se déclare incompétent sur ces
licenciements massifs qui touchent toute l'Europe, mais ensuite il
tente de régler un différend politique sur le
budget
européen au travers du cas HP.
Nous rappelons qu'HP est une société
extrêmement
profitable et que la justification de ces licenciements est uniquement
boursière.
Nous sommes loin du cas d'une société
acculée
à la faillite nécessitant l'utilisation du fond
social
européen.
Il serait choquant que l'argent du contribuable européen
serve
à réparer les dégâts
occasionnés par
le plan de restructuration d'HP.
Il
y a eu aussi le retour de
la délégation partie avec le maire de Grenoble
à
Palo Alto. Ce n’est pas tous les jours qu’un maire
mouille
sa chemise pour aller défendre les emplois dans sa ville. On
aura au moins appris une chose c’est que la
décision
n’a pas été prise là bas
mais bien en Europe.
Cela a également mis en évidence le
désintérêt de notre direction
française
quant au développement industriel d’HP sur
l’hexagone. Zéro effort fait depuis 2002 pour
amener de
nouvelles activités en France.
C’est donc la délégation qui est allé expliqué l’intérêt des pôles de compétitivité notamment celui de Grenoble sur les nanotechnologies MINALOGIC.
Puis est apparu le temps du débat sur les aides publiques.
N’attendez pas de notre part une quelconque condamnation de ceux qui ont porté ce problème sur la place publique, même s’il y avait quelques arrières pensées électoralistes. Ceux qui les ont critiqué ne sont peut-être pas non plus exempts de tentative de récupération.
Le débat doit simplement être élargi et pas seulement cantonné aux aides directes.
Rappelons simplement qu’HPF n’a pratiquement pas payé d’impôts sur le bénéfice ces 3 dernières années (de façon tout à fait légale puisqu’il s’agit des déficits cumulés de Digital qui viennent juste d’être soldés cette année) grâce à un montage juridique ad’hoc lors de la fusion (le fameux découpage HPF et HPCCF).
Cela se chiffre en dizaines de millions d’euros. On est loin du malheureux rond-point de l’Isle d’Abeau.
Il doit être aussi élargi aux sommes qui sont siphonnées par la Corp dans les filiales dont la France. (les 14,5 milliards de $ que HP Co a fait revenir sur le sol US lors du dernier exercice).
On doit donc se poser le problème de la citoyenneté de cette entreprise qui se comporte désormais en simple prédateur.
Globalement, quand on additionne les aides et autres exonérations de charges on arrive à la coquette somme de 20 Mds € qui est versée aux entreprises de ce pays. Pour avoir une idée de l’ampleur de ces exonérations il faut savoir qu’en 1991 le niveau du chômage était le même qu’aujourd’hui. Quatorze années sont passées et avec elle l’accroissement des exonérations et autres allègements. En 91 il était question de 6 milliards d’euros. Aujourd’hui c’est de plus de 20 milliards dont il est question. 20 milliards ponctionnés sur le « coût du travail » (pour parler comme les gérants de l’économie et de la société).
A ce sujet le contrôle de l’utilité sociale devrait être assuré par des représentations de salariés, des collectivités locales et territoriales. Or force est de constater que les mécanismes mis en place pour cela début 2002 ont été supprimés en fin d’année après un changement de majorité. On peut aujourd’hui parler de nuisance sociale des fonds affectés aux exonérations et allègements.
Lire
les informations officielles et precises
sur le cas d'Eybens
Nous vous avions dit que la direction avait décidé de repousser la réunion du 21 septembre avec les OSR au vendredi 23, à la place d’un comité de groupe qui lui est remis sine die.
Vendredi, cette réunion s’est donc tenue avec les résultats que vous connaissez.
L’intersyndicale a tenu bon et a refusé de négocier un quelconque accord de méthode avant d’avoir un engagement formel que le nombre de licenciement ne dépasserait pas 740.
Pour nous, il s’agit bien d’un maximum qui doit justement être diminué lors de l’examen du livre 4 (l'étape de la procédure qui évoque les justifications économiques des suppressions de postes).
Pour Patrick Starck, c’est exactement l’inverse : faites-moi confiance, signez l’accord de méthode et nous verrons ensuite par quelles mesures on peut faire baisser le chiffre de 1240.
Nous voulons aussi que l’entreprise s’engage concrètement sur la création d’emplois et d’activités durables sur le sol français.